jump to navigation

Copenhague, et après? January 11, 2010

Posted by AGCC admin in Climate Change, Global Warming.
trackback

By Estelle Rouhaud

Près d’un mois après la clôture de la 15è conférence des Nations Unies sur le Climat qui s’est déroulée cette année à Copenhague, journalistes, homme politiques, scientifiques et activistes s’interrogent toujours sur les raisons du déclaré « échec » des négociations internationales pour un accord post-Kyoto. Certains temporisent et parlent de « premiers pas » vers un accord légalement contraignant, censé être obtenu dans les plus brefs délais, si l’on veut interpréter positivement l’absence d’échéance de l’accord politique conclu au matin du 19 décembre 2009. D’autres en viennent même à dénoncer un pays ou un autre comme responsable du manque d’ambition et de concret du texte final.

Si la conférence de Copenhague a déçu plus d’une personne, elle aura également permis de confirmer et de mettre à jour un bon nombre de nouvelles et anciennes considérations géopolitiques. En voici quelques exemples :

Si le G20 avait amorcé la tendance, Copenhague aura confirmé qu’il ne s’agit plus désormais des pays développés à décider seuls pour le reste de la planète, que ce soit au niveau économique, financier ou bien climatique. Il est en effet réjouissant de voir que les pays émergents (Chine et Inde pour n’en citer que deux) ont fait, à juste titre, parti, avec les Etats Unis, de ceux qui ont aidé à ne pas partir de Copenhague les mains vides.

Ce nouveau rapport de force, reflétant la nouvelle donne mondiale, ne saurait, en revanche, faire oublier certaines anomalies existantes, dont l’absence des pays plus vulnérables et pauvres de la prise de décision qui a conduit à l’Accord de Copenhague. Ces derniers ont montré qu’ils savaient se faire entendre (les Iles Tuvalu et les pays Africains par exemple), ils n’ont pourtant pas eu l’honneur d’être informé a priori de ce que le groupe des pays les plus influents préparaient le 18 décembre au soir. Comment prétendre vouloir trouver une solution à la question d’équité entre pays développés et pays en voie de développement si son processus même n’est pas équitable ?  La sculpture de l’artiste danois Jens Galshiot, connue sous le nom de « fat lady » et apposée spécialement pour la conférence aux côtés de la célèbre Petite Sirène de la capitale danoise, est peut-être le symbole le plus représentatif de cette contradiction.

Copenhague aura également mis en valeur l’absence d’influence de l’Union Européenne (mise à l’écart des négociations des dernières heures) et d’unité de ses Etats membres (chacun faisant pression pour sa propre idée). Si l’UE avait jusqu’à présent été acclamée pour son leadership et son ambition climatique, Copenhague aura mis à jour les problèmes récurrents de notre continent. Que cet épisode serve de leçon aux Etats membres, c’est le mieux à espérer.

Enfin, Copenhague aura permis de s’interroger sur la validité du système actuel de gouvernance mondiale. La difficulté à mettre d’accord plus d’une centaine de pays sur une problématique si cruciale que le changement climatique peut laisser penser que d’autres alternatives mériteraient un instant de considération.

Renforcer la coopération bilatérale entre pays développés et pays en voie de développement permettrait non seulement d’aider ces premiers à gagner en leadership politique et ces derniers à atteindre un fort développement économique soutenable mais aussi faciliterait indirectement les discussions climatiques internationales dans le cadre des Nations Unies. L’Union Européenne, essoufflées suite aux retombées de Copenhague, est la plus apte, de par son expérience en technologies vertes et politiques climatiques et énergétiques, et gagnerait énormément à commencer un partenariat renforcé avec l’Inde ou l’Union Africaine, deux régions du monde extrêmement riche en énergie solaire. Le traité de Lisbonne en vigueur et le poste de Haut Représentant pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité mis en place, le contexte ne peut être meilleur pour lancer une nouvelle politique étrangère et climatique d’envergure. C’est maintenant à l’UE de saisir cette opportunité.

Advertisement

Comments»

No comments yet — be the first.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.